Réaliser son premier bilan carbone est une étape clé pour toute entreprise qui souhaite s’engager sérieusement dans la transition écologique. Mais pour beaucoup d’organisations, le processus peut sembler complexe : quelles données collecter ? Par où commencer ? Quelles erreurs éviter ?
Dans cet article, nous expliquons comment réussir son premier bilan carbone, étape par étape, afin d’en faire un véritable levier de transformation pour l’entreprise.
Un bilan carbone permet de mesurer l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les activités d’une organisation.
Ces émissions sont généralement classées en trois catégories appelées scopes :
Dans la majorité des entreprises, le scope 3 représente souvent plus de 70 % des émissions.
Réaliser un bilan carbone permet de :
Pour les entreprises du numérique, c’est aussi une première étape pour construire une stratégie numérique responsable.
Avant de commencer la collecte de données, il est essentiel de définir le périmètre du bilan carbone.
Trois éléments doivent être précisés :
Quelles entités de l’entreprise sont concernées ?
Par exemple :
Quelles activités seront intégrées ?
Par exemple :
Le bilan carbone se base généralement sur une année complète d’activité.
La collecte des données est souvent la phase la plus longue d’un bilan carbone.
Elle consiste à récupérer les données d’activité nécessaires au calcul des émissions.
Énergie :
Mobilité :
Achats :
Numérique :
Plus les données sont précises et détaillées, plus le bilan carbone sera fiable.
Pour transformer les données d’activité en émissions de CO₂e, on utilise des facteurs d’émissions (FE).
Il existe deux grandes approches :
Les facteurs physiques se basent sur une quantité réelle d’activité.
Exemples :
Ces données permettent d’obtenir un calcul plus précis des émissions.
Les facteurs financiers utilisent la dépense monétaire pour estimer les émissions.
Exemple :
Cette méthode est souvent utilisée lorsqu’on ne dispose pas de données physiques.
Pour un premier bilan carbone, les facteurs financiers peuvent être utiles pour obtenir une estimation rapide.
Cependant, ils sont beaucoup moins précis et moins exploitables pour définir des actions de réduction.
À l’inverse, les données physiques permettent de :
Il est donc recommandé de prioriser autant que possible les données physiques, quitte à commencer avec une approche hybride lors du premier bilan.
Une fois les données collectées, il faut convertir les données d’activité en émissions de CO₂e.
La formule est simple :
Émissions = Donnée d’activité × Facteur d’émission
Par exemple :
Résultat :
2 tonnes de CO₂e
Aujourd’hui, de nombreux outils de bilan carbone permettent d’automatiser ces calculs.
Une fois les émissions calculées, il est essentiel de prendre le temps d’analyser les résultats.
L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un chiffre global, mais surtout de comprendre la structure des émissions.
Dans de nombreuses entreprises, les postes les plus importants sont :
Cette analyse permet de prioriser les actions de réduction.
Le bilan carbone n’est pas une fin en soi.
Son objectif principal est de définir un plan d’action pour réduire les émissions.
Un bon plan d’action doit :
Exemples d’actions possibles :
Un bilan carbone réussi ne repose pas uniquement sur des calculs.
Il nécessite aussi l’implication des équipes de l’entreprise.
Plusieurs services doivent généralement contribuer :
Cette implication est essentielle pour :
Lorsque les équipes comprennent d’où viennent les émissions, elles sont beaucoup plus engagées dans la mise en œuvre du plan d’action.
Le bilan carbone devient alors un outil de pilotage collectif de la transition écologique.
Le chiffre total d’émissions est utile, mais ce n’est pas l’objectif principal.
La valeur du bilan carbone réside surtout dans :
Les facteurs financiers sont pratiques pour démarrer, mais ils limitent la précision et l’actionabilité du bilan.
Il est préférable de progressivement basculer vers des données physiques.
Sans implication interne, il devient difficile :
Réussir son premier bilan carbone ne consiste pas seulement à calculer un volume d’émissions.
C’est avant tout un outil stratégique pour comprendre l’impact climatique de son activité et engager une démarche de réduction.
En privilégiant les données physiques, en impliquant les équipes et en construisant un plan d’action concret, le bilan carbone devient un véritable levier de transformation pour l’entreprise